www.tic22.net
Constructivisme

 Forum tic22.net

Réagir à cet
article ?

Synthèse du colloque
Landes Interactives
7 mai 2004

accès

www.cdp22.net

Pédagogie

différenciée

Des intentions à l’action

Philippe Perrenoud
Ed : E S F

http://automath.ecquintin
.org

haut de page

 

 Forum tic22.net

Réagir à cet
article ?

En quoi et avec quels vecteurs les TICE permetten-elles un travail collaboratif en
développant la construction de compétences  ?

La construction des connaissances renvoie à une conception de type constructiviste des apprentissages. Celle-ci s’oppose à un modèle « instructiviste ».
Ce dernier modèle, plutôt traditionnel, peut aussi être développé à l’aide des TICE. C’est un danger à éviter. En effet, sous couvert d’une utilisation soi-disant innovante l’enseignant peut diffuser à ses élèves, par courriels, des suites de consignes à respecter, avec un guidage important pour une progression linéaire dans le programme de sa matière. Au moins l’enseignant a-t-il le mérite de développer chez les élèves des compétences dans le domaine de l’utilisation des outils informatiques.

Si l’on considère que la connaissance est significative du sens que construit une personne en interaction avec son environnement, il faut alors s’efforcer de placer l’élève devant des situations suffisamment problématiques et signifiantes pour engager celui-ci vers une recherche de solutions.

 Il est nécessaire d’induire des problématiques qui favorisent l’échange et la collaboration avec les pairs ou autres personnes de la communauté scolaire.
C’est selon nous cette démarche qui va garantir la construction de sens et de compétences.

D’après Phillipe Perrenoud : « Une approche par compétences précise la place des savoirs, savants ou non, dans l'action : ils constituent des ressources, souvent déterminantes, pour identifier et résoudre des problèmes, préparer et prendre des décisions. Ils ne valent que s'ils sont disponibles au bon moment et parviennent à "entrer en phase" avec la situation ». (...)

D’après Phillipe Meirieu : La formation de compétences exige une "petite révolution culturelle" pour passer d'une logique de l'enseignement à une logique de l'entraînement (coaching) sur la base d'un postulat assez simple: les compétences se construisent en s'exerçant face à des situations d'emblée complexes. C'est ainsi que les facultés de médecine ayant opté pour l'apprentissage par problèmes ont pratiquement renoncé aux cours ex cathedra. "Il s'agit d'apprendre, en le faisant, à faire ce qu'on ne sait pas faire "

L’enjeu est alors d’utiliser des solutions techniques qui facilitent la démarche en s’inscrivant dans un modèle pédagogique de type constructiviste. C’est tout l’intérêt d’une intégration raisonnée des TIC dans l’enseignement.
Afin d’illustrer notre propos, nous présentons ici quelques exemples de situations faisant appel aux TICE et nous énonçons quelques points de vigilance.

Solution technique :
L’utilisation de nouveaux types de logiciels dédiés à la construction de sites Internet dynamiques permet désormais à des non spécialistes de créer très simplement leur propre espace WEB.
Il est possible d’imaginer, dès l’école primaire, une collaboration entre enseignants et élèves pour l’élaboration et le suivi d’un outil de communication Internet.
Dans un tel cas, les enjeux technologiques ne constituent en rien une finalité et ne doivent en aucun cas supplanter les enjeux pédagogiques.

Points de vigilance :
Les enseignants, garants des apprentissages doivent auparavant et en cours de réalisation se poser les questions suivantes :

Construction d’un site Internet pour la classe

> Quelles situations d’écriture pour les élèves ?
> Que peuvent-ils communiquer ?
> A quelles conditions le site de l’école peut-il avoir du sens pour eux ?
> L’entretien du site leur permet-il de développer des compétences en informatique ?
> Qui prépare les illustrations ? Quel choix ont-ils ?
> Quelles compétences cherche-t-on à développer ?

Solution technique :
Il s’agit  de mettre en œuvre un espace de travail personnalisé, souvent disponible en intranet et/ou Extranet sur un serveur d’établissement.
                                                                      
http://www.cdp22.net

Dans sa dimension éducative, le portfolio est perçu comme une collection de travaux d'un élève qui fait foi de sa compétence en gardant des traces pertinentes de ses réalisations.

Un tel outil peut se scinder en trois parties :

Exploitation d’un Portfolio numérique

Points de vigilance :
>
Pour que le portfolio devienne un outil signifiant et significatif pour accompagner l’élève dans la construction de son projet personnel, il est fondamental de ne pas privilégier l’objet technique en négligeant le volet pédagogique.
> L’adoption du portfolio implique chaque membre de l’équipe par une remise en cause du principe même de l’évaluation de l’élève et de la place de l’enseignant dans la classe. Une évolution du projet pédagogique de l’établissement devient alors nécessaire.
> L’utilisation de livrets de compétences induit une délinéarisation de l’acte d’apprendre, substituant à la notion de programme la logique de parcours. Des stratégies de différenciation sont alors à prévoir.
> La trace conservée et argumentée du parcours de l’élève implique de ménager dans l’organisation du temps de l’établissement, des espaces réservés à l’expression et à l’apprentissage d’une parole construite.

Ici encore, les TICE se doivent d’être au service du projet pédagogique de l’établissement...  et non l’inverse !

> Le dossier d’apprentissage : réservé à la sauvegarde courante des travaux.
> Le dossier de présentation : Réservé à des travaux caractéristiques présentant un cheminement.
Cet espace peut être l’opportunité pour l’élève de garder une trace de son parcours et d’y associer une parole construite (Nécessite une réflexion (synthèse) et une justification du choix).
> Le dossier d’évaluation : Il s’agit ici de livrets de compétences. L’autoévaluation y est présente mais nécessite une certification (coévaluation)

Solution technique :
Il s’agit ici d’équiper les élèves d’une clé usb de grande contenance afin de leur permettre de sauvegarder les travaux et de les transporter à moindre coût. Les élèves qui ne sont pas connectés à la maison peuvent ainsi disposer tout de même de leurs documents numériques en les enregistrant auparavant à l’école.

L’élève dispose de ses fichiers et de données fournies par les enseignants (site téléchargés, fichiers audio ou images). Il peut les consulter en tout lieu de l’établissement équipé d’ordinateur, même sans connexion Internet.

       Exemple : segpa du collège Jean XXIII de Quintin
http://automath.ecquintin.org

Points de vigilance :
Avec une telle méthode de sauvegarde, les enseignants doivent être attentifs à l’organisation des fichiers des élèves. Ici, outre les compétences techniques liées à l’outil pour le transfert et peut-être la compression, ce sont les capacités d’organisation qui seront particulièrement développées. C’est bien à l’enseignant de guider les élèves pour le classement, la création de répertoires et de sous répertoires. En effet une organisation efficiente et personnelle de ses  fichiers informatiques permet à l’élève de sérier, de classer, de hiérarchiser et de sélectionner les données pertinentes.

L’enseignant le guide dans cette démarche et l’accompagne pour qu’il puisse facilement retrouver ses informations. Le modèle d’organisation et les compétences développées peuvent ensuite être transférés à d’autres situations de la vie courante : rangement des documents dans la classe, organisation d’un classeur, classements au cdi etc.

Les travaux d’élèves sur une mémoire mobile

A. Larhant - G. Moisan